Thèses de doctorat PhD
En partenariat avec le groupe de recherche de la Pre Marie Schneider de l’Institut de Sciences Pharmaceutiques de Suisse Occidentale (ISPSO), pharma24 accompagne deux thèses de doctorat qui ont débuté en 2020. Les deux travaux décrits ci-dessous illustrent les avancées 2024 :
Le raisonnement clinique des pharmaciens au sujet de l’ordonnance de sortie d’hôpital
Léa Solh Dost
Cette étude a analysé les pratiques et le raisonnement clinique des pharmaciens d’officine lors du traitement d’ordonnances de sortie d’hôpital dans onze pharmacies du canton de Genève. Grâce à des simulations en pharmacie suivi d’entretiens, elle a révélé que les pharmaciens géraient correctement la majorité des tâches médicamenteuses, mais pourrait mieux prendre en compte les besoins et les préférences des patients. Le raisonnement clinique des pharmaciens variait en profondeur, révélant des biais cognitifs, d’une part, et une réflexion métacognitive sur leurs pratiques et une volonté d’amélioration continue, d’autre part.
L’étude souligne le rôle clé des pharmaciens d’officine en collaboration interprofessionnelle dans la sécurisation des médicaments lors des transitions de soins. Pour renforcer cette contribution, il est essentiel de développer leurs compétences en raisonnement clinique et d’élargir leurs pratiques vers des services centrés sur le patient afin d’optimiser la prise en charge des patients en officine.
Ce travail s’inscrit dans la thèse de Léa Solh Dost qui explore les expériences et besoins des professionnels de santé et des patients atteints de maladies de longue durée lors de la transition hôpital-ambulatoire.
« C’était intéressant de discuter ensemble et de prendre le temps de réfléchir à mes pratiques. Cela m’a permis de réfléchir aux choses que je fais inconsciemment, des choses que, en tant que pharmaciens, nous faisons par habitude. » [pharmacien participant à l’étude]
Les ajustements que font les patients au sujet de leurs traitements prescrits à long terme
Beatriz Santos
De nombreux patients vivant avec une maladie longue durée, prenant un ou plusieurs médicaments de manière régulière, rencontrent des défis dans la gestion de leur traitement. Certains patients adaptent eux-mêmes leur prise médicamenteuse (interruption du traitement, réduction de la dose, espacement des prises) sans consultation préalable d’un professionnel de santé.
Afin de mieux comprendre ces ajustements, nous avons, dans le cadre de la thèse de PhD de Beatriz Santos, mené des entretiens semi-dirigés auprès de 30 patients. L’analyse qualitative révèle que ces adaptations surviennent principalement lorsque les patients ne perçoivent pas le besoin ou le bénéfice du traitement ou en raison d’effets secondaires :
« Mais c’est vrai que je n’en voyais plus vraiment l’utilité » (EA10)
« C’est toujours douloureux chez moi l’injection [d’insuline](…) Il y a des matins où je n’ai pas envie de me faire mal » (EA29).
Une hiérarchie semble exister entre les traitements, certains étant perçus comme plus ajustables que d’autres. Les ajustements les plus fréquemment rapportés incluent des interruptions temporaires, allant de quelques jours à plusieurs mois, une réduction des doses (par exemple, en prenant la moitié de la dose prescrite) ou une modification de la fréquence de prise (un jour sur deux). Certains patients discutent de ces modifications avec leur professionnel de santé a posteriori tandis que d’autres n’osent pas en parler, par crainte d’être jugés.
« Il y a des médicaments je sais qui sont incontournables par exemple l’Aspirine Cardio vu que j’ai eu cet petit AVC » (EA7)
Dans le cadre de la thèse de PhD de Beatriz Santos, nous avons également publié une étude sur l’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’accès et l’adhésion aux médicaments chroniques réalisée en collaboration avec l’unité d’épidémiologie populationnelle des HUG. Bien que notre étude ait révélé un impact limité, les résultats soulignent la nécessité d’une meilleure gestion et compréhension des difficultés rencontrées par les patients dans la gestion de leurs médicaments prescrits à long terme, en particulier lors des crises sanitaires comme la pandémie de COVID-19.